Pourquoi le froid est-il un risque à ne pas négliger ?
Lorsque les salariés travaillent en extérieur, notamment en hiver, ils sont exposés à des températures parfois très basses. Cela peut provoquer fatigue, baisse de vigilance, engourdissements, gelures et, dans les cas les plus graves, hypothermie. Même un froid modéré augmente le risque d’accidents du travail et de troubles musculosquelettiques.
Le saviez-vous ? Le contact avec l’eau ou l’humidité accentue le risque : le corps humain se refroidit jusqu’à 25 fois plus vite dans l’eau que dans l’air (source INRS).
Obligations légales de l’employeur
L’employeur a l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés (article L. 4121-1 du Code du travail).
Concrètement, l’employeur doit notamment:
- évaluer les risques liés au froid et les consigner dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP)
- aménager les postes de travail extérieurs pour limiter l’exposition aux intempéries (article R. 4225-1)
- maintenir les locaux fermés à une température convenable (article R. 4223-13)
- permettre l’accès à un suivi médical et proposer des ajustements si nécessaire (article R. 4624-34)
- interdire les travaux exposant les jeunes travailleurs (-18 ans) à des températures extrêmes
L’absence de mesures adaptées peut engager la responsabilité de l’employeur en cas d’accident ou de dégradation de la santé des salariés.
Conseils de prévention concrets et facilement applicables
Une prévention efficace repose sur une combinaison de mesures organisationnelles, techniques et humaines. Pour protéger les salariés, miser sur trois leviers : organisation du travail, équipements adaptés et infrastructures sécurisées.
Organisation du travail
- limiter la durée d’exposition : planifiez des pauses régulières dans un local chauffé pour permettre aux salariés de se réchauffer
- adapter le rythme et l’intensité du travail selon les conditions météo et l’état du sol (verglas, pluie, neige)
- éviter le travail isolé : assurer un système de communication et une surveillance des équipes travaillant en extérieur
- anticiper les activités : planifier les tâches selon les prévisions météorologiques pour réduire les risques
Équipements de protection individuelle (EPI)
- privilégier les vêtements multicouches, fins et isolants, plutôt qu’un seul vêtement épais
- protéger les extrémités (tête, mains, pieds) avec bonnets, gants et sous-gants et chaussettes adaptés au froid et à l’humidité
- fournir des chaussures de sécurité antidérapantes et isolantes pour limiter les risques de glissade et de chute
- vérifier la compatibilité des EPI contre le froid avec les autres protections nécessaires (hauteur, respiratoire, produits chimiques, etc.)
Locaux et infrastructures
- mettre à disposition des espaces chauffés pour les pauses et le séchage des vêtements de travail
- fournir des boissons chaudes pour faciliter la régulation thermique et le confort des salariés
- sécuriser les surfaces en contact avec le métal (risque d’accident par contact avec des surfaces froides) et signaler les zones glissantes ou exposées au froid extrême
Formation et information des salariés
- informer systématiquement l’ensemble des salariés, y compris intérimaires et nouveaux embauchés, des risques liés au froid et des mesures de prévention
- former aux bons gestes et comportements sécuritaires : reconnaissance des signes d’alerte, conduite à tenir en cas de malaise, etc. pour limiter les accidents et troubles de santé
Le froid est un risque professionnel réel qui doit être anticipé et maîtrisé. En évaluant correctement les risques, en respectant ses obligations légales et en mettant en place des actions de prévention simples mais efficaces, l’employeur protège la santé de ses salariés tout en réduisant les accidents du travail et l’absentéisme.