En deçà du seuil réglementaire : un danger sous-estimé
Si les niveaux sonores supérieurs à 80 dB(A) sont reconnus comme dangereux, les expositions dégradent la santé et les capacités cognitives bien en deçà de ce seuil.
Loin d’être une simple question de confort, la gêne liée au bruit constitue un problème objectif aux répercussions mesurables sur la santé physique et mentale des travailleurs.
Fatigue chronique, irritabilité, tensions au sein des équipes : ces manifestations ne peuvent plus être ignorées.
Vague après vague, les données du baromètre confirment que le bruit et les expositions sonores dépassent largement la sphère du bien-être pour impacter directement la santé mentale des salariés, constituant ainsi un facteur de RPS (risques psychosociaux) à part entière.
Un phénomène massif qui n'épargne aucun secteur
Contrairement aux idées reçues, le bruit au travail ne concerne pas uniquement les secteurs industriels ou le BTP. Tous les secteurs d’activité sont désormais touchés : bureaux en open space, commerces, restauration, santé, enseignement… Aucun environnement professionnel n’est à l’abri.
Les chiffres révèlent l’ampleur du problème : 30 % des actifs déclarent souffrir d’acouphènes, passagers ou permanents, avec un âge moyen de survenue de 41 ans seulement.
Ces troubles, qui touchent 15 % de la population générale selon la Haute Autorité de Santé, sont donc massivement présents dans les entreprises.
Près de 1 000 surdités professionnelles sont déclarées chaque année.
Ce chiffre ne reflète qu’une partie de la réalité. Selon le baromètre, la peur du blocage de l’évolution professionnelle figure en deuxième position des freins à la déclaration, juste après le sentiment de lourdeur administrative.
Combien de cas restent donc dans l’ombre ?
Face à ces constats, il est urgent que les employeurs, les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs du monde du travail prennent la mesure du problème.
Réduire les expositions sonores, adapter les espaces de travail, sensibiliser les équipes : autant de leviers à actionner pour préserver la santé auditive et mentale des salariés.
Téléchargez également notre Prev’Box spéciale bruit « Pour une bonne audition, répondons tous ouïe »
Source : Dossier de presse de l’Association Nationale de l’Audition (ANA), Journée Nationale de l’Audition 2026